samedi 16 mai 2009


Table ronde

CREATION / DIFFUSION
LES ENJEUX DE L'ACTION CULTURELLE
CINEMATOGRAPHIQUE ET AUDIOVISUELLE




Aline Pailler

Je suis ici en tant que militante. Nous ne sommes pas là pour défendre notre secteur mais pour créer du lien. Nous avons pris conscience que nous sommes très liés.

Depuis tant d’années que je mène ce combat avec le spectacle vivant, le théâtre, les intermittents, on nous interdit de faire le lien, c’est-à-dire de faire du politique. Et ce matin, j’avais le sentiment que c’était cela qui se produisait ici. Ne nous y trompons pas. Jean-Pierre Thorn a été très clair : si nous ne faisons pas le lien, si nous ne mettons pas les choses en perspective, alors quelle légitimité avons-nous à créer ? Quelle légitimité si nous nous coupons du monde, des autres luttes et des autres enjeux qui sont les nôtres… ?

Mes activités me permettent de rencontrer de nombreux métiers. On y retrouve les mêmes attaques, par les mêmes procédés, il y a donc un but. C’est pour cela que je suis là aujourd’hui car ici je n’oublie pas la bataille de l’indemnisation du chômage, la bataille pour maintenir un service public de la santé, de l’éducation, etc. Cela n’engage que moi, mais vous ne gagnerez votre bataille que si elle est politique, et cela ne peut se faire que dans un rapport de force. Il se construit depuis un an.

Philippe Germain

S’il y a une vertu paradoxale dans cette crise du secteur cinématographique, c’est l’émergence d’une expression politique collective inédite. Celle-ci a refusé de s’enfermer dans des postures et des dogmatismes qui font souvent office de prêt-à-penser. Nous pouvons citer à titre d’exemple les lieux communs : un secteur associatif « budgétivore », non rentable économiquement et un secteur privé mu uniquement par des logiques commerciales et de rentabilité économique à court terme. Nous le savons bien : la réalité est plus contrastée que ces caricatures. C’est pourquoi le collectif a refusé de se laisser enfermer dans des postures dogmatiques. Les auteurs, les producteurs, les salles de cinéma, la ligue de l’enseignement populaire, les festivals, les associations culturelles et d’éducation à l’image se sont mobilisés pour affirmer un engagement public collectif en faveur du cinéma, de sa création et de sa rencontre avec tous les publics.

À travers ces engagements, il est important de réaffirmer que si l’action culturelle peut paraître à la marge d’une filière professionnelle et industrielle, elle ne joue pas moins le rôle vital d’un laboratoire de recherche, d’une chambre d’écho permettant le soutien au renouvellement d’un secteur dans son ensemble.

Nous pouvons citer l’exemple des réalisateurs ici présents, Eric Guirado et Solveig Anspach, qui aujourd’hui avec leurs longs métrages participent à l’économie du cinéma. Leurs premiers, notamment leurs courts métrages, ont pu être réalisés, diffusés grâce ce maillage qui va des salles de cinéma art et essai en passant par les festivals et les dispositifs d’éducation au cinéma. Des festivals, des salles « art et essai », des associations de programmation et des lieux culturels font le pari jour après jour d’une diffusion nomade, non exclusive, pour permettre à des œuvres d’exister pour des publics en dehors des schémas classiques de l’industrie cinématographique.

Ce secteur est aussi source de retombées financières directes et participe à la viabilité des acteurs économiques de cette filière : droits de location, inscriptions des films dans les dispositifs d’éducation et d’accès à la culture pour tous, ateliers de pratique artistique, etc. Il participe à leur niveau au maintien de la pluralité des formes d’expression dans notre pays. Cette spécificité de notre pays, qui est enviée par nos homologues européens, n’aurait pas pu voir le jour sans la mise en place de politiques volontaristes et engagées de soutien par le ministère de la Culture, le CNC ou les collectivités territoriales. Aujourd’hui, comment continuer à faire exister ces modèles d’action culturelle qui, année après année, révèlent de nouvelles œuvres, de nouveaux talents, de nouvelles pratiques de diffusion ?

C’est ce dont nous voulions débattre avec vous : de ces enjeux autour de la création, de la diffusion et des moyens pour continuer à soutenir l’action culturelle cinéma-tographique.

Aline Pailler

Je vais commencer avec Gilles Sacuto, producteur du film d’Eric Guirado, le Fils de l’épicier et de Séraphine. Si vous êtes présent, c’est que vous êtes conscient de la nécessité de l’action culturelle, est-ce la raison de votre présence ?

Gilles Sacuto

La réponse est oui. J’ajouterais tout d’abord deux films Violence des échanges en milieu tempéré et Je ne suis pas là pour être aimé. Ils ont tous le même type de carrière, c’est-à-dire des carrières atypiques qui démarrent plutôt bien et qui durent longtemps. Pour durer longtemps, il faut toucher un public un peu partout en France à travers une mixité de lieux, travailler aussi bien avec les grands circuits que nous connaissons – qui font un bon travail – et aussi avec toutes les salles indépendantes qui se trouvent un peu partout et tous les autres circuits. Le film d’Eric Guirado en est un bon exemple. Il a bien pénétré, comme nous disons, dans le territoire et est entré dans énormément de villes.

Je ne sais pas comment nous ferions pour produire ces films sans tous les dispositifs d’aide (financements publics et privés, les aides régionales, etc.). C’est ce qui fait que notre cinéma est un art et une industrie. Cinéma qui est encadré, aidé et organisé dans un système que moi je trouve assez idéal et assez formidable…

Aline Pailler

Est-ce qu’il est moderne ce système ? Ce matin on nous a dit que la rencontre dans une salle avec le public n’était pas moderne.

Gilles Sacuto

Je ne sais pas si c’est moderne, mais c’est pertinent. Je n’aime pas beaucoup voir des films tout seul, c’est une expérience collective. Il faut la partager et dans toutes sortes d’endroits. Nous sommes dans un pays grand et large qui a entre 5.000 et 6.000 écrans. C’est une richesse formidable.

Pour que les gens aillent voir des films, il faut qu’ils sachent que les films existent, qu’ils soient diffusés près de chez eux, que leurs enfants soient allés dans des dispositifs qui conduisent à aller voir plein de films dans les années suivantes. Pour moi, il y a un lien du début à la fin.

Aline Pailler

Jusqu’où iriez-vous pour défendre ce lien ? Est-ce que vous pourriez faire votre travail avec d’autres films, des films qui se produiraient de toute façon ?

Gilles Sacuto

Notre travail est de choisir : ce projet, cette personne me touchent. Nous sommes tout le temps en train de faire des choix. Donc nous pouvons choisir de faire autre chose que ce que nous avons choisi de faire. Je suis donc prêt à beaucoup de choses, c’est un peu notre vie, cela compte un peu.

Aline Pailler

Je vais donner la parole à Vincent Paul-Boncour parce qu’avec Bodega et Carlotta films, vous touchez aussi bien aux films de patrimoine, qui sont réédités, qui sont montrés et accompagnés, qu’au secteur de la jeune création. Vous êtres distributeur, comment vous situez-vous dans ce mouvement, dans ces enjeux de l’action culturelle ?

Vincent Paul-Boncour

En étant distributeur, nous accompagnons les films en nous appuyant sur des relais qui sont très nombreux en France. Nous avons cette chance, il y a les festivals, les salles art et essai, différents lieux, etc. Nous avons la chance, en tant que distributeur, de pouvoir travailler à la fois sur des films de patrimoine qui ont façonné de manière importante l’histoire du cinéma, tout en ayant une passerelle avec le cinéma d’aujourd’hui en révélant des jeunes réalisateurs avec des premiers ou seconds films.

Il y a un fort engagement des distributeurs indépendants à vouloir diffuser, montrer des œuvres de différents pays, de différentes nationalités avec des enjeux cinématogra-phiques, culturels, politiques. Nous nous faisons écho et relais. Nous pouvons avoir les plus beaux films du monde, il faut des lieux, des moyens, des personnes qui s’impliquent pour être des relais supplémentaires auprès du public. Sinon nous allons garder le film pour nous-mêmes. Le but du jeu est de faire découvrir les films à différentes générations de spectateurs, il faut donc des relais : l’exploitation classique, mais aussi en amont des festivals dont l’importance est cruciale – et sera de plus en plus importante.

Aline Pailler

Vous avez cité les salles indépendantes ou autres. Or, il y a de salles indépendantes menacées. Si nous laissons aller les choses, qu’est-ce que cela va menacer ?

Vincent Paul-Boncour

Il faut préserver la création et la diversité. Nous travaillons essentiellement avec les salles indépendantes car le profil des films et des spectateurs que nous touchons se trouvent dans ces salles. C’est un travail commun qui doit se faire entre ces salles et les distributeurs. Ces maillages-là permettent à la diversité de perdurer et surtout de faire découvrir les cinéastes de demain, il faut penser à Woody Allen ou Pedro Almodóvar.

Je voudrais encore rajouter que lorsque que j’ai créé ma première société il y a dix ans, tout le monde me disait que le cinéma était mort et surtout que faire des films de patrimoine était une folie, qu’il y avait la télévision, le DVD et maintenant Internet ou la VOD. J’ai l’impression qu’il y a toujours un intérêt fort des spectateurs, des cinéphiles, qu’on a jamais autant parlé de cinéma. Et au cœur de cela, la spécificité de la France d’avoir tous ces lieux et cette diversité de films.

Aline Pailler

Anne Durupty, vous avez été interpellée ce matin, vous avez écouté ce qui vient d’être dit, comment traitez-vous etsuivez-vous cette interpellation au CNC ?

Anne Durupty

Je suis aussi là en tant que militante de la culture ! Nous avons bien réalisé notre rôle culturel lorsque, à la suite de votre mouvement, nous avons réfléchi encore davantage au sens de notre action, sur nos rôles respectifs. Nous revendiquons totalement le rôle culturel du CNC. Pour nous, le CNC n’a qu’une action culturelle et totalement culturelle. Alain Auclaire le dit dans son rapport, il n’y a pas d’opposition entre une politique industrielle et économique et une autre qui serait culturelle. Je vais tenter de vous en convaincre, si vous ne l’êtes pas.

Le fonds de soutien, en 2009, va être de 513 millions d’euros pour le secteur. Pour le cinéma c’est 228 millions d’euros, avec une répartition de 2/3 à l’automatique et de 1/3 au sélectif. On entend souvent que l’automatique est plus économique et le sélectif plus culturel. Ce qui est vrai, mais les soutiens automatiques sont très redistributifs. Concernant les exploitants, les plus grosses salles récupèrent 30% de la taxe perçue sur leurs entrées, les plus petites 80%. Pour les producteurs, les taux varient de 120 à 40% en fonction des entrées. Pour les distributeurs, c’est le même principe. Dans l’automatique, il y a toujours eu cette notion de redistribution et de solidarité pour les œuvres les plus fragiles et difficiles, même si c’est au niveau des soutiens sélectifs que nous avons le plus de possibilité d’action. Les soutiens automatiques ont été changés de façon importante lors de l’arrivée de Véronique Cayla . Elle a dû faire baisser les taux de retour aux producteurs et, dans les mois qui ont suivi, nous avons baissé les soutiens sélectifs et aides aux associations. Mais, en 2007, 2008 et 2009, les soutiens sélectifs et les aides sont globalement en augmentation.

Le CNC est bien l’outil d’intervention du ministère de la Culture, il n’y a donc pas de politique de désengagement de l’Etat au niveau du CNC. Il y a eu des difficultés sur les apports des DRAC qui sont, elles, plus directement perçues comme étant l’action culturelle de l’Etat. Baisses du fait des difficultés du budget de l’Etat. En tout cas, les soutiens sélectifs du CNC sont en augmentation. Véronique Cayla dit souvent que lorsque le marché va bien, ce qui est le cas aujourd’hui, le rôle du CNC est justement de contrebalancer cela et de soutenir mieux par le soutien sélectif. Par exemple, l’avance sur recettes sera de 24,7 millions d’euros en 2009, elle était de 24 millions en 2008 ou encore de 22 millions en 2007. Le fonds de soutien devrait augmenter de 2% en 2009. Ce n’est pas énorme, mais dans le contexte actuel c’est extrêmement satisfaisant.

Le soutien au court métrage sera de 6,3 millions d’euros en 2009, il était de 6,1 millions d’euros en 2008, et il a largement augmenté ces dernières années. Les aides sélectives à la distribution, où nous pensons qu’il faut vraiment faire un effort de soutien accru, seront de 7,6 millions d’euros en 2009 au lieu de 7,1 en 2008.

Pour les aides aux salles art et essai qui sont autour de 11,5 millions, elles augmenteront un peu l’année prochaine. Le montant total aux associations les plus directement impliquées dans les festivals, l’action culturelle et l’éducation à l’image, sera de 15 millions d’euros et nous soutenons 140 associations.

Voilà l’action du CNC, qui ne donne pas l’impression d’un désengagement, ni d’une politique industrielle et non culturelle ou artistique. Maintenant, nous pouvons toujours faire mieux ou plus. Faire mieux veut souvent dire faire avec les mêmes sommes en redistribuant différemment. Il y a en ce moment les réflexions du Club des 13 à la suite du rapport qui sont en cours. Nous sommes en train de finir la première phase concernant « création / production ». Il y aura une seconde phase sur l’aspect « distri-bution / exploitation ». Autrement dit la réflexion est ouverte et permanente.

Aline Pailler

Vous avez commencé votre intervention en soulignant le bien-fondé de la mobilisation…

Anne Durupty

Je n’ai pas été jusque là, mais cela est positif de s’interroger sur ce que nous faisons, sur son sens et sur la façon dont nous pourrions le faire mieux. Et s’interroger sur la définition de l’action culturelle – non pas son utilité car il me semble qu’il n’y a pas de désaccord de fond sur cela – me semble nécessaire, avec des questions telles que : quel doit être le rôle de ce qui se fait au niveau national par rapport au niveau des DRAC ou encore sur le partage entre les collectivités territoriales et l’Etat.

Aline Pailler

Nous allons passer la parole à Eric Guirado. Ce n’est pas vous qui deviez intervenir lors de la cérémonie des César ? Êtes-vous serein ?

Eric Guirado

Les auteurs et les créateurs sont dans une sérénité absolue, nous nageons dans le bonheur, nous avons de l’argent à profusion ! Ce que nous devions dire aux César n’est absolument pas caduque et reste malheureusement très actuel. Je n’ai pas pu dire ce discours que nous avions écrit à plusieurs et qui devait représenter ce que nous pensions un peu tous. Il n’y a pas eu de discours, mais la résonance de l’absence du discours et puis le courrier de Matthieu Amalric. Heureusement quand on empêche une certaine parole, cela crée, par des mécanismes étranges, une résonance bien plus forte.

Mais, je suis ici pour apporter mon expérience personnelle sur ce que cela veut dire quotidiennement et concrètement pour nous, réalisateurs, l’action culturelle. Je peux vous dire qu’avec le Fils de l’épicier, j’ai pu voir beaucoup d’acteurs relais et un réseau de salles très bien équipées. A l’opposé, nous rencontrons beaucoup de jeunes auteurs qui sont en moins bon état. C’est ce qui m’inquiète. Car sans auteur en bon état pour écrire des films pour ces salles en bon état… Je dis cela avec une certaine amertume, un grand nombre d’amis ne sont pas en bon état, et cela m’inquiète beaucoup.

Nous accompagnons les films et nous sommes face à une réalité : perdre notre statut. Moi, j’ai été bien accompagné par mon producteur et distributeur, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Nous avons de grandes difficultés à faire ce à quoi nous croyons le plus, ce que nous avons dans les tripes, qui est de rencontrer le public, défendre une certaine vie du cinéma, de la parole, du langage, de l’échange. Les cinéastes ne sont pas rémunérés pour faire un mois ou plus d’accompagnement de leur film. Si nous le faisons de bonne grâce sur un temps court, cela nous pose de réels problèmes : nous ne touchons pas de salaire, nous perdons notre statut, nous ne pouvons pas travailler, etc. Demain Unifrance n’aura pas beaucoup de réalisateurs à emmener à l’étranger, si aujourd’hui nous ne prenons pas en compte tous les aspects du problème.

Une autre remarque : j’ai été très touché par l’action culturelle et son réseau et je trouve que de nombreuses associations ne sont pas dans le collectif. Je ne comprends pas et je le regrette. Je voudrais dire quelle est ma vision de l’action culturelle. De la même façon qu’on vérifie si on a du réseau ou du wi-fi, on devrait avoir la même conscience pour les réseaux culturels : vérifier si cela passe. C’est comme le portable, s’il n’y a pas de réseau, ça ne passe pas et on peut toujours essayer d’appeler. L’action culturelle a du sens partout, même dans les endroits les plus petits, les plus reculés, car nous créons un lien, nous continuons à véhiculer une certaine vision de la culture et de l’échange. Nous continuons à pérenniser quelque chose qui peut sembler non moderne et qui pourtant l’est furieusement.

Aline Pailler

Il me semble qu’il y a un paradoxe entre les difficultés qu’engendrent la défense et l’accompagnement des films et cette volonté et envie que les réalisateurs y mettent. Solveig Anspach, vous êtes aussi cinéaste, comment vous situez-vous ?

Solveig Anspach

J’avais envie de continuer sur ce que disait Eric Guirado. Cet accompagnement est devenu une partie très importante de notre travail. Nous passons des semaines entières dans des trains, dans des avions. Je suis toujours partante car il y a des rencontres magnifiques avec des gens formidables : des directeurs de salles, par exemple, qui ont un vrai lien avec leur public et qui se bagarrent toute l’année. Et j’aime rencontrer des gens et entendre ce qu’ils ont à dire sur nos films.

Mais parfois, j’en ai assez. A mon dernier déplacement en province, j’ai fais garder ma fille, huit heures de train en seconde, ça a l’air de rien, mais on ne peut pas brancher son ordinateur, nous arrivons dans un village où tout est fermé, nous sommes logés près de la gare, je ne dors pas, et enfin, nous arrivons dans une salle où la personne qui vous a invité n’est pas présente (elle est ailleurs avec un réalisateur plus connu…). Pour continuer, nous nous retrouvons à manger avec huit personnes dont certaines sont intéressantes, mais il faut alimenter la conversation, et c’est fatigant. Au cours de la rencontre, il a à peine 25 personnes dans une salle de 300, nous commençons le débat et les premiers qui parlent sont les plus énervés et vous agressent. J’ai l’idée de faire un guide du routard pour le cinéaste. Juste pour dire que quand un réalisateur vient, gratuitement, et en ayant fait tout ce déplacement, il faut un peu s’en occuper. Nous n’en parlons pas assez. Et le problème principal est que pendant ce temps nous ne pouvons pas travailler.