samedi 16 mai 2009
Chantal Richard
Ces expériences ont en commun de faire de l’action culturelle une véritable expérience artistique de cinéma. J’ai eu la chance d’être là lorsque les garçons de La Pellicule Ensorcelée ont sorti la caravane de la grange. Elle était pourrie, c’était un tas de boue ! Ils m’ont dit que bientôt là-dedans, nous ferions du cinéma. J’ai ressenti une vive émotion et j’étais sûre que c’était bien de cinéma dont nous parlions. Toutes les personnes que nous avons entendues ce matin se situent dans cette démarche et pourtant elles n’apparaissent pas dans le rapport institutionnel (rapport Auclaire) qui traite aujourd’hui de l’action culturelle. Or, ce sont elles qui font le chemin pour nos films, qui nous permettent de rencontrer le public pour parler des films autrement, pour provoquer et retrouver l’émotion autour de l’échange. Ces actions sont encore beaucoup plus nombreuses que les quelques-unes que nous avons présentées ce matin. L’action culturelle prise comme expérience artistique est une expérience formidable où personne ne s’ennuie, contrairement à quelques idées reçues.
Philippe Lefait
Vous sentez-vous en décalage avec les nouvelles générations, sur la modernité ? La modernité ce n’est pas seulement une caravane…
Chantal Richard
C’est vrai que cette caravane aux petites fleurs rouges et blanches ne ressemble a priori pas à l’esthétique des plus jeunes, mais plutôt à la nôtre. Mais, ce qui est étonnant c’est de voir dedans des milliers d’enfants qui voient des courts métrages très exigeants. Malgré tout, lorsque nous allons sur les routes, nous croisons des gens et aussi des jeunes. Ces derniers peuvent aussi regarder des choses très différentes que ce que l’on prétend qu’ils regardent. Contrairement à l’idée de modernité que l’on nous donne.
Antoine Glémain
La numérisation crée des opportunités pour le monde rural et nous le voyons aujourd’hui au niveau de la création. Pendant cent ans, aucun film n’a été produit en Mayenne et maintenant il y a une floraison de films amateurs et de projets professionnels sur la base de ces nouvelles technologies qui voient le jour. Et, entre rien et une petite « ébullition », j’y vois des motifs d’espérer. Du côté de la diffusion, je pense que ce sera la même chose.
Jérôme Descamps
La modernité est d’accompagner les artistes aujourd’hui. Notre position est aussi de faire le lien entre ce qui se crée aujourd’hui et ce qui s’est fait avant parce que nous ne sommes pas une génération spontanée, nous sommes le produit de générations. N’oublions pas que le cinéma a été créé pour un grand écran et une installation son. Regarder un film sur un écran de télévision, ce n’est pas voir le film. N’arrêtons pas de le répéter ! Dans la modernité, il y a de très belles expériences mais aussi du n’importe quoi. Essayons d’accompagner les expériences les plus innovantes, les artistes les plus pointus, ceux qui nous déroutent, nous questionnent nous nourrissent et nous font progresser.
Quant au film que nous allons voir, c’est un film d’atelier. C’est ce qu’on aime faire : inviter des réalisateurs à venir travailler dans les quartiers. Y a pas que les fleurs a été fait par une jeune réalisatrice belge de film d’animation, Louise-Marie Collon, qui est aussi engagée dans une association de Liège, Caméra etc.. Pour ce film, elle a passé une semaine avec des jeunes de dix-douze ans, avec comme thème « le bonheur ».
Quant au film que nous allons voir, c’est un film d’atelier. C’est ce qu’on aime faire : inviter des réalisateurs à venir travailler dans les quartiers. Y a pas que les fleurs a été fait par une jeune réalisatrice belge de film d’animation, Louise-Marie Collon, qui est aussi engagée dans une association de Liège, Caméra etc.. Pour ce film, elle a passé une semaine avec des jeunes de dix-douze ans, avec comme thème « le bonheur ».
Chantal Richard
Un mot de conclusion, notre but est que ce qui se fait dans la caravane, dans les granges et plein d’autres endroits, amène les gens dans les salles. Je partage l’avis de Jérôme Descamps, tous les films ne se voient pas dans une petite caravane et c’est pour cela qu’il faudrait que nous travaillions tous ensemble car il n’y a pas de concurrence. C’est ce « marcher ensemble » qui peut nous sortir de l’impasse.
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