Anne Riou, vous êtes attachée culturelle au CHU d’Angers. Comment avez-vous vu votre action menacée ou croyez-vous qu’elle est menacée et quelles sont vos exigences aujourd’hui ?
samedi 16 mai 2009
Anne Riou
J’ai la casquette hospitalière, moins cinématographique. Nous travaillons avec le festival Premiers Plans à Angers et proposons aux patients une programmation diffusée durant la semaine du festival, qu'ils peuvent découvrir dans leur chambre. Nous construisons ainsi une passerelle entre l’extérieur et l’intérieur avec le souhait que l’hôpital et les personnes hospitalisées bénéficient de la dynamique de ce festival européen. Nous proposons huit à dix films aux personnes alitées et isolées. Pour la diffusion, nous avons fait le choix de transmettre ces films sur les écrans de télévision, seul outil disponible pour toucher l'ensemble de l'hôpital. À l’hôpital, nous accueillons tout le monde, nous pouvons donc toucher tous les publics. Aussi bien ceux qui connaissent les films que des personnes qui les découvrent. Il y a dans ce projet deux finalités : apporter du plaisir aux patients le temps de leur hospitalisation et leur donner envie de se déplacer dans les grandes salles de cinéma et à Premiers Plans. Pour faire vivre ce partenariat entre l’artistique et l’hospitalier, il est primordial que les équipes hospitalières s’emparent et s’approprient le projet.
Anne Riou
Une fois que le projet est compris et que nous mettons en place le maximum d’outils, cela ne leur demande pas trop de temps. Ils y voient une dynamique positive par rapport à leur CHU. Un objectif, qui est cette fois plus hospitalier, est de développer une relation nouvelle avec le patient. On peut échanger sur autre chose que la maladie pour développer une relation plus simple, plus naturelle avec les équipes de soin, médecins ou infirmiers. Nous touchons là à la partie non-malade du patient, la partie citoyenne.
Nous intégrons aussi le programme interministériel de 1999 mis en place entre le ministère de la Culture et le ministère de la Santé. Ce dernier est assez disparate entre les régions. Par exemple, en région Pays-de-la-Loire la DRAC et l’ARH – Agence régionale de l’hospitalisation – déve-loppent actuellement et petit à petit un programme commun, partenariat qui n’existait pas concrètement il y a deux ou trois ans. Il y a donc chez nous un réveil des services déconcentrés alors que, dans certaines autres régions, le programme est installé depuis presque dix ans. Pour ces territoires, il arrive que certains projets souffrent d'une chute des financements.
Nous intégrons aussi le programme interministériel de 1999 mis en place entre le ministère de la Culture et le ministère de la Santé. Ce dernier est assez disparate entre les régions. Par exemple, en région Pays-de-la-Loire la DRAC et l’ARH – Agence régionale de l’hospitalisation – déve-loppent actuellement et petit à petit un programme commun, partenariat qui n’existait pas concrètement il y a deux ou trois ans. Il y a donc chez nous un réveil des services déconcentrés alors que, dans certaines autres régions, le programme est installé depuis presque dix ans. Pour ces territoires, il arrive que certains projets souffrent d'une chute des financements.
Anne Riou
Nous sommes une exception. Nous nous posons également la question de la pérennisation. Nous sentons que les propositions et les projets sont extrêmement fragiles et qu’il faut sans cesse argumenter fortement. Nous avons encore des financements, mais je ne sais pas pour combien de temps.
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