ECHANGE AVEC L'AUDITOIRE (fin de matinée du 9 janvier)
ECHANGE AVEC L'AUDITOIRE (fin de matinée du 9 janvier)

samedi 16 mai 2009


REACTIONS DANS LA SALLE


Philippe Lefait

Y a-t-il des questions dans la salle?

Anna Defendini

Je voudrais que nous parlions aussi de l'importance des comités d’entreprise et du monde du travail qui opère aussi pour la diffusion culturelle. Nous sommes présents à la fois au niveau central et sur les territoires, nous représentons aussi une force et nous nous posons aussi des questions de diffusion culturelle. J’aimerais qu’on ne nous oublie pas.

Claire Vapillon

Nous avons travaillé pas mal avec les CCAS – Caisse centrale d'activités sociales du personnel des industries électrique et gazière – Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. C’était considéré comme de laprestation de service, or nous sommes une association d’intérêt général et avons l’obligation de ne pas dépasser 60.000 euros de chiffre d’affaires. Arrivés à 59.700 euros et des poussières, nous avons été obligés d’arrêter. C’est aussi une problématique à soulever et à résoudre.

Christian Oddos

Juste une information, au-delà du problème des acteurs culturels, le passage des films passe aussi par l'offre de films. Cette année, le ministère des Affaires étrangères a décidé de supprimer l'aide aux cinématographies peu diffusées. La spécificité de la France, qui était de favoriser l'accès aux films d’autres cinématographies, en dehors de la bipolarisation franco-américaine, est menacée, puisqu'il y a 150.000 euros qui vont disparaître. Ce manque ne permettra pas à certains distributeurs de porter vers les salles ces films issus de la diversité. Heureusement, le CNC a maintenu son aide, car il s’agit d’une aide bipartite, financée donc à moitié par le ministère des Affaires étrangères et c’est ce ministère qui s’est retiré. Nous sommes maintenant en train de travailler pour remettre en place la procédure. Mais c’est très grave, car nous voyons quelles sont les priorités qui se mettent en place et cette alimentation culturelle étrangère risque de disparaître des salles.

Anne-Marie Bourrouilh

Une de nos responsabilités, puisque nous sommes au cœur de l’action culturelle auprès des publics et du soutien aux artistes et cinéastes, est d'affirmer la modernité de notre action. Nous devons aller contre la considération que nous serions « une espèce en voie de disparition », nous devons combattre cet état d’esprit. Notre meilleure forme de résistance est d’affirmer notre modernité, cela dans notre action, mais aussi au niveau des supports qui encouragent l’expérimentation artistique et au niveau du soutien aux différentes démarches artistiques dans nos lieux. Nous sommes modernes, n’ayons pas peur de l’être.

Cyrille Leger

On a parlé d'argent public, mais il faut aussi parler du citoyen et de sa place. Nous en avons parlé en tant que public, mais pas en tant que bénévole, en tant que personne impliquée dans une manifestation et qui contribue au fait que tout fonctionne. On a évoqué le cas du Festival de Clermont-Ferrand, si le système des bénévoles s’écroule, tout le système de soutien risque de s'écrouler par la base. Le résultat va être que le citoyen sera bouffé par la logique commerciale. Il ne faut pas laisser passer cela. Car aujourd’hui on parle trop de lui en termes de commerce et trop peu en termes de culture.

Concernant le numérique, nous, les circuits itinérants, nous posons de nombreuses questions. Car il va falloir résoudre l’énorme problème de sa diffusion en circuit itinérant. Pour le moment, avec la pellicule, nous arrivons encore à diffuser, que ce soit à Gindou, ou dans une caravane, mais si ces nouveaux outils ne sont pas adaptés à être transportés, installés dans des salles polyvalentes, comment allons-nous faire pour amener les œuvres ?

Gilles Porte

Par rapport aux citoyens, c’est un point très important, ils ne sont jamais pris en compte. À l’ACID, nous essayons de créer un réseau, nommé « ACID spectateurs », pour entrer directement en contact avec eux, par la modernité, internet et ses facilités de communication, pour organiser des passerelles et tenter de faire passer les informations sur les films plus facilement. En effet, il y a toujours des spectateurs que vous voyez plus souvent, ceux que nous appelons les « spectateurs vigilants ».

Anne Toussaint

Je réfléchissais à la première question que vous m’aviez posée : qu’est ce qui a changé ? Je pense que ce qui a changé c’est le rapport aux images. Pourquoi il y a ce désengagement de l’Etat par rapport au cinéma ? Je pense que nous créons des espaces de pensée, de réflexion et que l’image inquiète les institutions et le politique. La télévision a si bien construit et assigné une place à chacun. Avec le cinéma, nous déplaçons tout cela. Le jeune avec sa casquette apparaît différemment et le prisonnier aussi. Nous leur donnons une place d’existence. Il y a du débat, de la parole, du corps, de la vie dans tous ces réseaux et ces salles. C’est ce qui a changé. Nous sommes dans un monde où il n’y a plus de place pour la prise de risque, pour la création de véritables espaces de projection qui permettent de penser le monde différemment.

Philippe Lefait

Merci à Anne Toussaint d’avoir provisoirement conclu cette rencontre et cette matinée.