Intervention d Antoine Glemain
Intervention d Antoine Glemain
samedi 16 mai 2009
Antoine Glémain
Oui, mais avec une expérience différente. Nous sommes dans un département rural, la Mayenne, qui compte moins de 300.000 habitants. Notre association a été créée il y a vingt ans pour faire vivre le cinéma dans ce département.
En milieu rural, le cinéma a longtemps été extrêmement présent et vivant. Il y avait des dizaines de salles de cinéma en Mayenne jusqu’à la fin des années 70. L’apparition de la télévision a été un choc et les années 80 ont été destructrices pour le cinéma dans la région, accompagnées d’ailleurs par la destruction du monde rural traditionnel. Quelques cinémas, quelques ciné-clubs, quelques bribes, quelques fragments ont perduré. Il est aussi arrivé des personnes, non originaires de Mayenne et qui avaient fait leurs études en ville, qui ont voulu créer et maintenir un environnement. Nous avons agi sans l’impulsion de l’Etat, rien ne nous a été donné, nous l’avons construit entièrement. Un processus de reconnaissance est venu avec le temps. Maintenant, ce que nous ressentons, comme tout le monde ici, c’est la menace de ne plus avoir de financements, de perdre ce que nous avons tout récemment et durement conquis.
En milieu rural, le cinéma a longtemps été extrêmement présent et vivant. Il y avait des dizaines de salles de cinéma en Mayenne jusqu’à la fin des années 70. L’apparition de la télévision a été un choc et les années 80 ont été destructrices pour le cinéma dans la région, accompagnées d’ailleurs par la destruction du monde rural traditionnel. Quelques cinémas, quelques ciné-clubs, quelques bribes, quelques fragments ont perduré. Il est aussi arrivé des personnes, non originaires de Mayenne et qui avaient fait leurs études en ville, qui ont voulu créer et maintenir un environnement. Nous avons agi sans l’impulsion de l’Etat, rien ne nous a été donné, nous l’avons construit entièrement. Un processus de reconnaissance est venu avec le temps. Maintenant, ce que nous ressentons, comme tout le monde ici, c’est la menace de ne plus avoir de financements, de perdre ce que nous avons tout récemment et durement conquis.
Antoine Glémain
Pour l’instant elle l’est, mais pour l’instant ! Ce qui compte en région Pays-de-la-Loire, c’est le réseau avec des structures comme l’ACOR – Association des cinémas de l’ouest pour la recherche. Nous nous retrouvons, nous échangeons, nous discutons des attentes des uns et des autres et nous nous sentons beaucoup plus forts. Pendant longtemps, nous avons été complètement isolés, cela nous a fait beaucoup expérimenter, mais de savoir que d’autres font des choses dans le même esprit, cela nous a considérablement renforcés.
Philippe Lefait
Est-ce qu’il y a une recherche, une envie pour vous de travailler avec l’outil télévision ?
Antoine Glémain
Nous ne le refusons pas, mais ça reste assez marginal. Ce à quoi nous sommes attachés, puisque nous avons une vision territoriale, ce sont les lieux de cinéma plus que les films, que nous pouvons voir et consommer de nombreuses manières différentes. Pour nous, c’est important que les films soient vus dans un certain contexte, dans certaines conditions et tout particulièrement dans un milieu rural. Pendant vingt ans, nous n’avons pas géré de salle, nous avons été nomades et nous avons travaillé avec des cinémas existants en programmant autre chose que le tout-venant. La question du lieu est cruciale. Les salles de cinéma se sont beaucoup caricaturées elles-mêmes, mais en même temps ces lieux sont indispensables pour un travail autour des films. À condition de les penser autrement.
Antoine Glémain
Oui, quelque chose est en train de changer. Il y a de jeunes élus qui voient le désert social et culturel qui est en train de se constituer et qui commencent à vouloir se poser les bonnes questions. Il y a une possibilité de dialogue qu’il n’y avait pas avant.
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